MOEBIUS

Artiste en trance, psychonaute dopé au rêve lucide et visionnaire de la BD, sous chacun de ses pas s’ouvre le futur. Des expérimentations de la revue culte Métal Hurlant, qu’il co-fonde dans les années 70, au trip Blueberry ou au mythique cycle de l’Incal qu’il élabore avec Alejandro Jodorowsky, Jean Giraud, alias Moebius, connecte ses lecteurs à des mondes mystiques, futuristes et utopiques.

 

Vos travaux annoncent une alliance future entre onirisme et technologie. Quel rôle attribuez-vous à ces deux notions dans un projet de constitution de société idéale ?

J’ai pas mal fluctué au cours des années. J’ai vraiment été très alléché intellectuellement par toute cette réflexion. En même temps, j’ai abordé ces thèmes avec des intuitions fulgurantes, mais en ne me donnant pas toujours les moyens d’aller au bout des sensations. Parce que je ne suis pas un intellectuel, je ne suis même pas un écrivain. Je n’ai jamais cherché à mettre mes pensées sous forme d’écrits. Je suis éloigné du réflexe qui me conduirait à bâtir un corpus d’idées qui pourrait éventuellement donner lieu à une conjonction, un concept pouvant générer une idéologie. Même si je sais que mon travail en a tous les ingrédients. D’autre part, sans me prendre pour quelqu’un de supérieurement intelligent, je crois que j’ai une part de génie en moi, mais je pense que c’est un génie ordinaire. Et si j’ai ce génie-là, j’ai la conviction intime que d’autres l’ont également et que je ne suis que le réceptacle d’un corps d’idées qui circule plus ou moins dans une autre dimension, qui voyage de cerveau en cerveau, qui se nourrit de la pensée, du système cognitif d’autres personnes. Ma réflexion ne m’appartient pas, elle passe par moi. Pour ce qui est de mon rapport à l’onirisme, j’ai été éveillé par ma rencontre avec Jodorowsky. Une partie de mes fondements vient des contacts que j’ai eus avec lui. Il pratique, d’une façon très personnelle, le principe familier à toute l’école surréaliste du rêve éveillé. La manifestation occidentale la plus spectaculaire du rêve éveillé, c’est ce qu’on a appelé l’écriture automatique, conjonction entre l’acte de création artistique rapide, éclair, et la théorie freudienne du lapsus. Cette théorie est très importante à mon avis parce qu’elle met en relation le geste non calculé et l’inconscient d’une façon directe.

Le bug, l’erreur, est aussi important dans votre travail...

Le bug, c’est une autre manifestation de ce fameux lapsus, et un artiste doit impérativement rechercher l’accident. Et non seulement le rechercher, mais le justifier à deux niveaux. D’abord, en ménageant des voies entre le système générateur d’accident et soi-même, et ensuite, en construisant intérieurement une croyance, une sorte de religion de l’inconscient. L’inconscient est porteur du divin en soi, que ce soit dans sa partie lumineuse ou dans sa partie obscure.

Quels sont ces systèmes générateurs d’erreurs ?

C’est une technique de l’aléatoire assez délicate qui se superpose et se coordonne avec des techniques plus dures, comme l’apprentissage du trait, de la perspective, des lois du dessin en général et de l’efficacité. Le gros problème, c’est de transposer la notion d’efficacité de son plan socio-économique à un plan artistico-mystique.

Est-ce que les techniques que vous utilisez peuvent être rapprochées des techniques de transe ? Je pense aussi au dessin médiumnique...

Bien sûr, c’est essentiellement relié à ça de façon très claire. Dans nos sociétés, on a très souvent une méconnaissance extraordinaire de ce qu’est l’état de transe. On l’associe souvent à des phénomènes un peu dangereux, à la limite de la pathologie individuelle ou sociale. La manifestation de la transe la plus caricaturale, c’est le vaudou. Mais en même temps, si on étudie le vaudou et qu’on le pratique, on se rend compte que ce n’est pas si simple. Les acteurs du vaudou sont dans un état de transe profonde mais sont capables de se balader en maniant des épées tranchantes, ou du feu, au milieu d’une assistance, sans jamais blesser personne et sans jamais se blesser ! Ca me fait penser à Jim Morrison sur scène, je l’ai vu, il titubait, comme dans un état d’ivresse ou de déliquescence. Mais curieusement, il ne se prenait jamais les pieds dans son fil de micro. On ne l’a jamais vu s’étaler après avoir fait une fausse manœuvre, c’était extraordinaire. La transe n’est pas l’ennemi de la conscience ; en tout cas ce n’est pas son opposé. C’est une forme de supra-conscience. Dans le dessin, on n’est pas dans des états de manifestation aussi profonds. Je pense aussi à l’écriture, ou à toute action qui demande de l’attention. Un électricien qui commence à travailler sur un circuit se met dans un état de transe légère qui le met en contact avec tout un savoir appris et il agit tout en étant conscient de son environnement. Il est en contact avec une partie de lui-même, c’est une sorte de channeling interne avec tout ce qui concerne l’électricité. C’est la même chose avec toutes les activités professionnelles et émotionnelles. Dès qu’on est dans une situation amoureuse, on se met dans un état de transe légère. J’avais un ami qui faisait en amateur des expériences d’hypnotisme incroyables. Il a un jour hypnotisé ma femme et lui a fait croire que son bras était une barre de fer. On a essayé de lui plier le bras à trois sans succès. Ce copain disait que l’état de langage, l’état de civilisation et l’état d’être social, sont des états de transe. En fin de compte, on est tous en transe ! Dire qu’on entre en transe, c’est une absurdité. En fait, on passe d’une transe à une autre. Il y a une altération de la transe collective. Ensuite, quand j’ai lu les bouquins de Castaneda, j’ai été extrêmement frappé parce qu’il ne disait pas autre chose. Le monde du rêve, tel que le définit Castaneda, est un avatar de la transe générée par l’humain en général, qui lui permet de construire collectivement des systèmes de croyances, qui vont lui permettre de générer de l’humain. Après, j’ai lu un bouquin de Rupert Sheldrake sur les champs psychomorphes. Sheldrake s’occupe plutôt de biologie et de la stabilité des formes biologiques. Il a fait quelques très jolies théories sur l’existence d’un champ de force dans une dimension à laquelle on n’a pas complètement accès, pas par la conscience en tout cas, où les caractères acquis par une forme se fixent d’une façon presque physique. Mais dans une physique “quantique” - plutôt que reliée à notre système de perception simple - ces champs sont comme des systèmes gravitationnels interdimensionnels. C’est comme si le pommier avait son sillon, le chêne et le roseau aussi, et que chacun bénéficie de ce sillon pour garder sa cohérence, même à travers les mutations, même à travers la différentiation qui caractérise chaque être. Parce que chaque être est unique. Les cristaux de neige ont tous six branches, mais il n’y en a pas deux qui soient semblables. On est presque dans une notion d’infini, dans un délire métaphysique, mais avec à chaque fois une cohérence relativement ordonnée. La diversité du chaos est contenue dans un ordre implacable. La conscience même de l’être se définit et trouve sa solidité dans ce genre de plan. Dès qu’on est à deux ou trois pour penser quelque chose d’un peu différent, on amorce un sillon dans ce champ gravitationnel abstrait, inaccessible. Et si une pensée est absurde, non viable, elle va se perdre dans le flot du temps. Mais si elle représente une mutation portée par plusieurs autres êtres ou si elle rentre en résonance avec une situation qui a mûri, on va assister à la création d’un sillon, donc d’une idée. Cette idée va rentrer en résonance avec tous ceux qui sont prêts et on va la voir naître partout. C’est pour ça que si j’ai des idées, je ne me préoccupe pas trop de les communiquer parce que de toute façon, elles sont en train de naître. Elles n’ont même pas d’utilité pour l’instant. Mais le jour où elles deviendront opérationnelles et utiles, elles apparaîtront.

C’est un rôle assez singulier que vous attribuez à l’homme dans le cosmos...

Je considère que l’homme est un élément dynamique essentiel du cosmos. Et l’homme n’est pas circonscrit à la manifestation locale. L’homme, c’est tout ce qui inclut de la conscience. Et la conscience, il y en a partout. Si on reprend Sheldrake, à partir du moment où une forme crée un champ dans une dimension, cette dimension n’exclut pas la conscience. Quand on regarde une fourmilière, elle a une stratégie, un modèle tout à fait comparable à tout ce qu’on retrouve dans les manifestations collectives, que ce soient les langues, les entreprises, les religions. On a un groupe d’êtres animés par un certain programme, où chacun court dans tous les sens de manière anarchique. Mais en fait, tous ces êtres obéissent à un seul mot d’ordre : la survie de la structure qui leur donne leur cohérence, leur identité collective. A partir du moment où il y a un groupe constitué sur suffisamment de temps et avec assez de cohérence pour créer un champ psychomorphe, il y a création d’une conscience. L’ensemble de ce système de conscience se réunit quelque part dans un plan, dans une conscience universelle et globale. La perception chamanique - par exemple à travers Castaneda ou à travers Le serpent cosmique de Jeremy Narby - c’est le point de contact entre nous, en tant que conscience, et ces codages féroces que les systèmes ont trouvé pour se maintenir à travers le vivant et même à travers des structures semi-vivantes.

Est-ce qu’on peut aussi expliquer avec ces principes l’auto-destruction des sociétés ?

Complètement. Il y a une très jolie parabole par rapport à ça. Les prêtres égyptiens avaient l’habitude de construire à coté de leur temple des fabriques de lin. Dans des bacs remplis d’eau se trouvaient les plantes à pourrir, qui répandaient une odeur épouvantable. Dès que la pulpe était dans un état de pourriture avancé, on vidait les cuves et on récupérait les fibres qui servaient à tisser les vêtements sacerdotaux des prêtres, le lin était le tissu sacré. Et pourquoi était-ce le tissu sacré et pourquoi était-ce à coté des temples ? Parce que les initiés considéraient que ce processus de pourrissement était une métaphore de la société. Les fameuses structures dont on parlait, les croyances, les civilisations d’une façon plus générale, servaient de vêtement sacré à l’expression de l’humain. Pour qu’il puisse se réaliser, il faut que tout ce qui doit pourrir pourrisse. Cette odeur affreuse et extrêmement désagréable de pourrissement, c’est ce qui nous fait faire la grimace quand on voit la situation du monde, ou quand on voit notre propre corps se désagréger. Mais cette dégradation, cette entropie permanente est la condition essentielle pour la fabrication et la réalisation du tissu sacré virginal du lin. Si les fabriques de lin étaient à proximité des prêtres, c’était pour leur éviter d’oublier que le monde est un jardin merveilleux, dans lequel la pourriture et l’acte créateur sont liés de façon indissociable.

Mais cela n’empêche pas l’homme d’agir pour que certains de ces désagréments cessent ou soient limités...

Le moteur de l’évolution humaine, c’est une recherche désespérée et sans fin de l’anéantissement de la mort et de la pourriture. Chaque succès pousse le principe dans un autre plan. C’est sans fin et c’est inévitable, à moins de créer des sociétés immobiles. La réponse a été la tentative de créer des sociétés stables, fondées sur la transmission du pouvoir par le sang, par la mise sous boisseau de l’inventivité, de la technologie et de la transgression. Toutes les sociétés traditionnelles ont essayé de mettre en place ce projet collectif à la limite du conscient et de l’inconscient, qui est de créer une société éternelle, en égratignant à peine la surface de la planète, sans jamais mettre en danger le système écologique et leur démographie. Evidemment, ces systèmes sont très cruels, ils coupent une partie du potentiel humain, le faisant partir dans une direction qui va déterminer des caractéristiques civilisationnelles très fortes. Les systèmes d’identification ne servent qu’à se perpétuer eux-mêmes. En Occident, on a mis en place des systèmes rapides, on a instauré la vitesse et la vitesse de rotation des systèmes de pourrissement, d’ailleurs souvent aussi en cherchant à les combattre. La liberté qui en a découlé nous a permis d’échapper à des maux, des problèmes, mais en en créant tout le temps de nouveaux, c’est une course sans fin. Les grands penseurs des sociétés traditionnelles, les initiés, sont effarés. Ils se demandent comment arrêter cette folie qu’est la pensée occidentale. L’Occident est peut-être animé par un optimisme un peu aveugle. On est en train de détruire la planète mais on s’en fout. On continue, en étant sûrs que la réponse à l’entropie sera toujours positive. Je ne nous vois pas en train de renoncer à ce qui fait marcher notre civilisation, simplement pour un problème territorial et purement géographique. Ca me paraît complètement absurde.

Essayez-vous, avec vos travaux, de proposer une solution, une alternative ?

Je ne sais pas. Avec Le monde d’Edena, j’avais essayé de faire une saga justement sur la mise en abîme onirique du monde par la technologie. La machine électronique, dans sa tentative de plier l’espace et le temps, nous permettrait de conquérir de nouveaux champs. La Terre étant trop petite maintenant, notre seul recours est de créer des espaces interstitiels dans lesquels nous pourrons continuer à nous développer sans danger. J’avais imaginé qu’il y avait un conflit apparent et une solution heureuse, merveilleuse, dans la mesure où la solution technologique amenait d’un seul coup à la prise de conscience d’un pouvoir tout à fait spontané et éternel, à l’intérieur de l’être humain, lui permettant de créer cet espace interstitiel de développement. L’environnement réel resterait stable et l’environnement virtuel deviendrait infini, non pas par une prothèse mais par le développement de l’espace interne, par l’imagination et le rêve. C’est ça, mon utopie. C’est d’un con...

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Sur le prochain Blueberry, qui devrait sortir à la fin de l’année. Comme le dernier se terminait d’une façon un peu abrupte, j’ai décidé de ne pas laisser le lecteur dans la peine de l’attente. Ca me passionne, Blueberry, en fin de compte. En tant que Gir, j’ai pris Moebius comme scénariste - à la grande fureur des ayants droit, ça ne leur plaît pas. Je les comprends, je n’aurais jamais recommandé une chose pareille, mais ça s’est imposé.

Et sous le nom de Moebius ?

Oui, je fais toujours des choses, mais je ne sais même pas si ça va sortir. On a une petite boîte d’édition, Stardom, mais ça pose tellement de problèmes que nous n’avons même plus le temps de publier quoi que ce soit. Le plus beau truc qu’on ait fait, c’est 40 jours dans le désert B. Ca a été mon chant du cygne, un vrai travail onirique.

Comment l’avez-vous créé ?

Ca s’est fait sur une année pendant que je faisais le précèdent Blueberry, c’est-à-dire Geronimo l’Apache. Je me baladais avec un carnet qui a exactement le format du livre, et dès que j’avais un petit moment, je faisais des dessins. J’en ai fait un, deux, trois et je me suis dit que j’allais remplir tout ce carnet avec des dessins. Je suis devenu complètement fou, c’était une frénésie qui m’a pris pendant un an. J’avais mon stylo partout où j’allais et dès que j’avais une seconde, j’ouvrais ce bouquin. Je me foutais dans un coin et je remplissais l’espace, jusqu’à la folie.

Pour quelque chose qui a duré si longtemps, il y a une cohérence folle...

Je suis vraiment animé par une foi extraordinaire. Je suis un ouvrier de l’inconscient. En plus, l’inconscient, c’est formidable parce qu’on ne sait pas ce que c’est. Personne n’a pu définir son siège, pas plus que le siège de la conscience, ni dans le cerveau ni dans la fourmilière. Mystère.

Heureusement...

Le jour où l’on va localiser ça dans le plan fractal ou dans le plan, disons “quantique”, ce sera la fin de tout. Il va y avoir des tentatives de manipulation sur ce qui représente le cœur du monde. Je ne sais pas si c’est accessible à l’être humain. Peut-être à d’autres...

Vous parliez d’une mutation globale de la matière vers l’énergie, d’une apocalypse lumineuse. Pensez-vous que l’on va atteindre ces états très dangereux, mais en même temps sublimes ?

J’ai eu un jour une illumination. Il me semble que l’aventure christique, dans son fondement mystique et métaphorique, est un mythe majeur pour toute l’humanité. C’est celui qui a déclenché sur la planète le processus irréversible de l’accélération, qui a permis la fin des tentatives d’éternité des systèmes. Le programme que l’on s’est fixé, c’est très clairement ce qu’a défini la science-fiction, qui est en fait la bible de l’humanité. C’est-à-dire construire des systèmes physiques qui vont nous permettre de dépasser la vitesse de la lumière ou de la court-circuiter pour investir l’espace réel galactique et intergalactique. Ainsi, nous entrerons en contact avec les systèmes existants. Et s’il n’y en a pas, nous en créerons en envoyant des colonies sur toutes les planètes terraformables ou déjà terraformées. Un système de gestion du temps et de l’espace sera créé à travers la galaxie. La race humaine s’imposera et rencontrera l’homme partout où il est, c’est-à-dire partout où il y a de la conscience. Et tout ça jusqu’à l’illumination, c’est-à-dire jusqu’à notre disparition physique matérielle vers un autre niveau. Tout ça, c’est le modèle christique, parce que cette expansion spatiale, ce n’est ni plus ni moins que la crucifixion, qui est fondée sur la notion d’espace dimensionnel. Quand on regarde le Christ en croix, on voit les quatre directions qui sont apportées par la croix. La seule chose que l’on ne voit pas, c’est la transversale invisible créée par notre regard qui passe par le cœur du Christ. Cela forme une étoile à six branches, c’est l’importance du symbole.

On connaît l’importance des symboles dans vos travaux. Le cristal y est récurrent, que représente-t-il ?

A une époque, j’ai beaucoup utilisé le cristal comme support de voyance. Le cristal, c’est une manifestation de la matière solide dont la pensée est tellement lente qu’il représente un bon intermédiaire entre notre système de pensée d’ordre biologique, rapide, et les systèmes de pensée d’ordre planétaire, qui possèdent des périodes d’évolution très longues. Le cristal, c’est un être qui a une croissance comme tous les êtres, mais sur une période longue, avec un système de conscience extrêmement décalé par rapport au nôtre. Mais avec une correspondance majeure qui est la transparence et la réflexion de la lumière, c’est-à-dire la vérité.

Une des structures de base de l’homme, c’est le cristal...

Notre sang, nos os et notre ADN sont basés sur une organisation cristalline. Une fois que l’on s’est rendu compte de tout ça, on met de côté la métaphysique et on retourne payer ses impôts... Le problème, c’est de réussir à faire un va-et-vient et de réussir à se tricoter une réalité qui ne soit pas trop éloignée de ces vérités.

C’est un acte de résistance...

Oui, c’est sûr. On est dans un système gravitationnel physique, mais aussi psychique et spirituel. Notre situation physique est métaphorique de l’ensemble. Si on ne résiste pas à l’attraction, on s’allonge par terre, on rampe, et pas seulement physiquement. On s’allonge par terre politiquement, spirituellement et moralement.

 

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